C'est un bon paysan
De la vallée voisine
Derrière le Mont Pourri
Au hameau des Moulins
Au bord du Ponturin
Il aime sa vallée
Et la veut conserver
Telle que Dieu l'a bien faite.
Toute sa vie durant
Presque quatre-vingt ans
Il l'a bien parcourue
Sa vallée bien aimée
D'abord de son mulet
Puis son petit tracteur.
Un très bel équipage
Tandis que Marcelline
Sur sa remorque assise
Se retient par la main
A la grande ridelle
Pour bien se prémunir
Des chaos du chemin.
Pour le seize juillet
Au plus beau de l'été
Ils montent aux Vernettes
A la vierge Marie
Faire leurs dévotions
Et boire l'eau bénite
Au grand pèlerinage
De la source Baudin.
Pour garder la mémoire
Des gens de son village
Donat a dans la tête
Et aussi ses cahiers
Un autre grand projet
Ecrire et conserver
Son patois séculaire
Afin que dans les temps
Où tout s'uniformise
Les expressions et mots
Du patois Peyserot
Puisse encore s'exprimer
En des H aspirés
Tout comme dans ce chiffre
Hïn mili hïn hè
Hin kanté hïn
(Cinq mille cin cent cinquante-cinq)
Le 12 septembre 1998
José REYMOND, Poésies au sommet (1999)
© Editions l'Edelweiss
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